Le Chasse-marée revient à l'édition avec le livre « La Semaine du golfe du Morbihan »

La revue de culture maritime n'avait pas publié de livre depuis près de vingt ans. C'est reparti à l'occasion des vingt ans de la Semaine du golfe du Morbihan.

La revue de culture maritime, Le Chasse-marée , se prépare à publier deux ouvrages. Le premier, La Semaine du golfe du Morbihan , paraîtra le 23 avril à l'occasion des vingt ans de ce rassemblement biennal. Trois questions à son rédacteur en chef, Gwendal Jaffry.

Est-ce la renaissance des éditions du Chasse-marée ?

Oui, enfin ! Nous avons deux livres programmés : La Semaine du golfe du Morbihan, qui sort ce mois-ci, et un autre sur le nouveau voilier de l'association du père Jaouen, le Bel Espoir (troisième du nom), prévu en septembre. Ensuite, nous comptons publier trois à cinq ouvrages par an, et ainsi, en finir avec la frustration que nous ressentions depuis près de vingt ans, période pendant laquelle l'activité d'édition s'était éteinte.

Pourquoi La Semaine du golfe du Morbihan ?

C'est un événement qui nous ressemble. Ce grand rendez-vous de la navigation traditionnelle devait fêter ses vingt ans au mois de mai et ses organisateurs avaient collecté des textes et des milliers de photos, pour faire revivre son histoire et son ambiance particulière. L'édition est annulée, mais le livre que nous avons préparé lui permettra d'exister quand même... En attendant 2023.

Et vous avez ouvert une cagnotte en ligne...

Comme lors du lancement de notre nouvelle formule, il y a quelques mois : ça avait bien fonctionné alors nous proposons une centaine de livres accompagnés de diverses autres contreparties (t-shirts, abonnements au Chasse-marée, etc.) sur la plateforme kisskissbankbank.com, jusqu'à la fin du mois. C'est aussi un moyen de mieux faire connaître notre projet à travers les réseaux sociaux, ainsi que l'aventure de cette fantastique Semaine du golfe.

La Semaine du golfe du Morbihan, éd. Chasse-marée, 176 pages, 260 photos, 24,90 €.



 

Golfe du Morbihan : en 1920 déjà, on étudiait un projet d'hydroliennes

C'est aux archives départementales que le Badenois, Henri Girard, a exhumé d'étonnants projets concernant le golfe du Morbihan. (Le Télégramme/Catherine Lozach)

Ce n'est pas d'hier que les courants du golfe du Morbihan intéressent les ingénieurs. En 1920 déjà, un projet d'hydroliennes était dans les tuyaux. Une histoire sortie de l'oubli par Henri Girard.

Henri Girard n'est pas historien, mais c'est un homme curieux et engagé. Lorsque ce directeur de recherche au CNRS a pris sa retraite à Baden, il s'est intéressé à l'environnement et à sa protection. Et c'est en cherchant des documents pour obtenir l'accès au littoral de la pointe du Blair à Baden pour tous, qu'il a exhumé d'étonnants projets. « Tout est dans quelques cotes des archives départementales : S-654, S-2218 et 19 et 4 S-730 », détaille le biologiste, qui à 96 ans n'a rien perdu de sa précision. Dont le premier projet d'hydroliennes dans le golfe.

L'avis de Ferdinand de Lesseps

Au début du XIXe siècle, c'est le plan d'eau abrité qui intéresse les ingénieurs. L'idée d'un port en eaux profondes séduit, alors que le chemin de fer arrive dans la région. Ferdinand de Lesseps, dont le nom reste associé à la construction du canal de Suez, donnera d'ailleurs son avis, négatif vu les coûts pharaoniques, à trois projets. À cette période, c'est pour s'affranchir des marées qu'on imagine des barrages. Entre les deux guerres mondiales, deux hommes vont au contraire chercher à valoriser cette énergie.

La « houille bleue »

L'un est un ancien ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, G. Liébeaux. L'autre un certain J. Haentjens. Henri Girard devrait bientôt en apprendre davantage sur son parcours : il a été contacté par un descendant, après la parution de ses recherches dans la première édition de « Histoire maritime du Golfe du Morbihan ».

À lire sur le sujet L'Union départementale des associations des navigateurs dit non au projet d'hydroliennes dans le Golfe

« C'était des gens très sérieux. Ils ont transmis une demi-douzaine de rapports d'études à la préfecture », explique-t-il en étalant différentes cartes. Parmi les options proposées, il y a la création de deux bassins. Le premier entre l'île longue et l'île aux Moines, fermé par quatre barrages entre les îles et le continent. Un deuxième dans la partie est de l'île aux Moines. Par une gestion savante des niveaux des bassins, l'objectif est d'avoir une production électrique non-stop. Pour garder un accès au port de Vannes, ils imaginent une tranchée entre l'océan et le bassin oriental, qui traverse la presqu'île de Rhuys au niveau de Thumiac. L'État et le Département subventionnent leurs recherches. En 1922, l'assemblée locale leur verse 2 000 francs de subvention « pour leurs études sur la houille bleue » lit-on dans la presse de l'époque.

C'était tellement utopique que, non, je n'ai pas de sueurs froides rétrospectives

Comme les projets précédents, celui-ci met en péril la pêche et l'ostréiculture. Un coût social qui s'ajoute au coût financier... Le préfet leur propose de déplacer leurs études vers la ria d'Etel. Eux suggèrent de ne garder que la tranchée de la presqu'île de Rhuys où le décalage des marées pourrait faire tourner une turbine. C'est moins rentable et toujours coûteux. « À partir de 1923-1924, il n'y a plus aucune archive », constate Henri Girard. « C'était tellement utopique que, non, je n'ai pas de sueurs froides rétrospectives », glisse l'infatigable défenseur de l'environnement qui avoue ne pas voir d'un bon œil le projet actuel d'hydroliennes.


 Une série de vols dans des bateaux du port d'Arzon


Une quarantaine de bateaux de Port Crouesty, à Arzon (Morbihan), ont été victimes de vol de matériel électronique. La gendarmerie a ouvert une enquête.

Une quarantaine de bateaux du port du Crouesty ont été victimes de vols de matériel électronique. Ouest-France Olivier CLÉRO.Publié le 31/10/2020 à 08h31

Quelques mois après plusieurs séries de vols dans le Morbihan, le port d'Arzon a de nouveau été victime de vols de matériel électronique dans ces bateaux. D'après les premiers éléments recueillis, les forfaits ont été commis en plusieurs fois pendant la première semaine de vacances, du 17 au 25 octobre, de jour comme de nuit. Ce sont les constatations des propriétaires au fur et à mesure des découvertes qui ont permis de commencer un début de chronologie.

Quant aux vols et au mode opératoire, ils sont similaires : des écrans (GPS, sondeurs, répétiteurs) de la marque Raymarine, démontés avec soin au tournevis, sur le pont ou dans les cabines, sans dégâts. Le port est déjà surveillé par un veilleur et un réseau de caméras de vidéoprotection. Une surveillance renforcée par des vigiles et des rondes de la gendarmerie depuis la semaine dernière. Le confinement devrait les aider à stopper la série : seuls les professionnels sont autorisés à accéder aux pontons contrairement au reste de l'année où le ou les voleurs ont pu se confondre parmi les dizaines de plaisanciers en train de bricoler sur leurs bateaux.