Max Jacobé quitte la barre de la SNSM d'Arzon

Max Jacobé, ici à bord de la vedette Félicien Glajean. Il fêtera, samedi 13 avril 2019, son jubilé et ses 36 ans de présidence à la station SNSM d'Arzon. | OUEST-FRANCE

Ils seront nombreux, samedi 13 avril 2019, à 10 h 30, sur le quai d'honneur de la capitainerie, pour fêter le départ du président de l'antenne locale de la société nationale de sauvetage en mer (SNSM), Max Jacobé. Celui-ci a mené l'équipage pendant 36 ans.

Des souvenirs, en cinquante ans de bénévolat et trente-six ans de présidence, Max Jacobé en a des tas. Plaisancier, homme de mer, entrepreneur, expert maritime, toujours a l'écoute et proche des gens, il est entré à la société nationale de sauvetage en mer (SNSM) d'Arzon, le 1er janvier 1969.

« À l'époque, nous étions cinq et il n'y avait pas beaucoup de moyens. Quand la sirène sonnait, nous prenions le premier bateau de pêche disponible. Nous faisions un peu avec ce que nous avions sous la main. L'important, déjà, c'était d'être disponible de nuit comme de jour pour sauver des vies », raconte Max Jacobé, pour qui l'expérience humaine sur le terrain est fondamentale.

C'est le président de station, Félicien Glajean, qui lui a mis le pied à l'étrier. Puis, en 1977, la vedette Vice-amiral d'Arcourt est arrivée. Il a navigué dessus pendant 28 ans avec son frère Patrick. Depuis 2003, c'est sur la vedette Félicien Glajean qu'il intervient en mer.

Un renouvellement permanent

Son rôle en tant que président a été de veiller à ce que tout se passe bien et à chercher des fonds, notamment pour suivre l'évolution technologie en matière d'aide à la navigation et de moyen de transmissions. « À l'époque, n'importe qui pouvait aider les gens dans la difficulté. Tandis que maintenant, cela ne suffit plus. Il faut des formations sévères et des recyclages permanents en secourisme. Dans les années à venir, les gens seront obligés de se former dans des centres. Le passage de témoins par le compagnonnage par l'expérience des anciens vis-à-vis des plus jeunes est, selon moi, la bonne école. »

Et même avec le meilleur équipement, il n'échappe pas à l'obligation de résultat. « Il faut rendre des comptes, même en tant que bénévoles. Nous pouvons avoir un gars qui se blesse gravement ou perdre un homme à la mer. Cela oblige à beaucoup de rigueur, de discipline et de sécurité. Toutes nos missions se terminent par un débriefing, car parfois, c'est un peu viril. »

« Je quitte une SNSM en pleine forme »

En 50 ans, il a tout vu, autant de situations chaudes, que de fausses alertes. Avant de partir, le président s'échine à provisionner pour le prochain bateau car sa durée de vie est de 30 ans. S'il réunit 250 000 € sur les 1 000 000 € que coûte un bateau neuf, il pourra compter sur l'appui de l'État et des collectivités.

Max Jacobé reconnaît qu'il ne va pas fermer complètement les volets, même si pour lui, président était le maximum qu'il pouvait faire. « La boucle est bouclée. Je quitte une SNSM en pleine forme ou tout est clair partout. Le bilan est bon car nous n'avons pas eu de problèmes humains et matériels graves. »

Stéphan Claverie prend la suite

C'est Stéphan Claverie, 56 ans, commissaire en chef de la marine nationale à Lorient, qui va succéder a Max Jacobé au poste de président pour un mandat de six ans. Celui-ci devra gérer un équipage de 17 personnes dont l'âge est compris entre 27 et 62 ans. « L'avantage, c'est qu'il a embarqué comme canotier pendant trois ans avec les gars, dit de lui son prédécesseur. Il a laissé ses galons à terre et est très respectueux de tout ce qui a été fait jusqu'à maintenant. Cela fait plusieurs mois que je l'accompagne dans cette mission. Il va apporter de nouvelles idées. Et ça, c'est très bien. »

La SNSM est toujours en phase de recrutement. Elle propose d'ailleurs de former les bénévoles au matelotage, à la mécanique et la navigation.